Perles pacifiques et divers cris de guerre.

dimanche 10 février 2013

Blizzard, épisode 2.

 

tempete-de-neige[1]

Besoin de sensations fortes liées à la nature… Je n’ai trouvé pour le moment que la relativement aventurière randonnée en raquettes dans la neige.

Bon, quand on sait qu’aujourd’hui j’y suis allée seule pour la première fois, sans pneus neige pour m’y rendre, par mauvais temps, et contre tous les avis pris autour de moi, on peut dire quand même d’une part que je suis têtue, et d’autre part que c’était bien de l’aventure.

Car une fois à mon lieu de parking, la route étant impraticable, je repris le rond-point et repartis d’où je venais tout en surveillant un éventuel emplacement sur le bord de route où je pourrais poser ma roll’s familiale en ayant bon espoir fondé qu’elle put repartir prestement à la fin de la journée, sans que j’aie besoin de rameuter un bon voisin et sa pelle à neige pour me sortir de là.

Mais ce lieu rêvé fut trouvé quelques kilomètres plus bas …. ce qui m’obligea à raquetter le long de la route sur une longueur qui me prit trois-quart d’heure de marche rapide. N’étant qu’à l’étape initiation du métier d’aventurière, je n’osai cette fois pour le moins pas faire de stop jusqu’au parking.

Après tout, ma rando était censée être de tous les dangers mais uniquement à partir de mon point de départ originel, c'est-à-dire le parking hein, alors fallait pas se faire agresser avant d’y arriver, c’était pas du jeu.

Un petit hors-piste passant par les bois me fit goûter à l’excitation d’être une vraie rebelle, et non je ne me suis même pas perdue. Trop futée la fille. Ca commençait bien. En nage, il fallu virer la dernière doublure que j’avais sous mon blouson, si bien que je me demandais si une demi-heure plus tard j’allais me retrouver en soutif ; qui a dit que le froid était froid ?

Entre temps je m’étais ingénieusement procuré deux bâtons de ski de faussaire, c'est-à-dire deux bâtons tout court. Ben oui, quand on s’est déjà ruiné pour le total look raquette, on n’a plus les moyens pour le reste.

Et quand on fait celle qui est habituée à son matos, paie-ta-honte quand tu tombes le cul dans la neige et les pieds en l’air au bord de la route, juste parce que t’as oublié que si tu recules avec les raquettes, ça fait le même effet qu’au ski de fond, tu les retrouves plantées à la verticale et toi ben t’as plus qu’à suivre dans le sens du mouvement jusqu’à l’horizontale.

Deux fois hein, ça me l’a fait. -->Jamais deux sans trois ? Et ben non ! Sus aux mauvaises langues ! Quand on est brillamment intelligente comme moi, on ne se laisse pas gouverner par les dictons.

Bref. C’est avec l’excitation de l’ado s’apprêtant à faire une bêtise dont il a planifié tous les tenants et aboutissants, que j’atteignis enfin le parking d’où j’aurais dû poser mon tendre véhicule.

Me voilà seule au monde, les poumons remplis de nature….enfin presque, un mini-jet privé …euh chasse-neige privé appartenant au Golf…me croise l’air indifférent (ben évidemment, le gars savait pas que j’étais en sous-vêtements sous mon blouson), dans une nuée noir de charbon bizarrement inodore (sont fous ces riches).

Plus tard un skieur de fond me fait un grand signe amical. Coooool, je fais partie d’un Clan, comme les bikers avec leurs doigts en V ! Le clan des fous qui préfèrent la tempête au ciel bleu.

Allez, c’est parti pour le grand nord désertique, l’Alaska, l’Antarctique, le Pôle sud : je suis dans la banquise auvergnate, au pied des volcans, je me surprends même à espérer qu’ils cracheront aujourd’hui afin de me donner de quoi chauffer mes doigts, mon unique point faible avec le bout de mes orteils.

30 cm de poudreuse, et une pancarte m’avertit de ne pas déranger les troupeaux qui paissent. Paix à leur âme pauvres bêtes, si j’en trouve une congelée je la mange, j’ai comme un creux là. Faut dire que j’ai une heure de retard sur mon planning à cause du stationnement impossible.

 Il faut lever bien haut les jambes à chaque pas et je commence à découvrir que la jointure entre le haut de mes cuisses et le bas de mon bassin est faite en muscles, du moins dorénavant, muscles bien pratiques mais très douloureux.

Moi qui suis venue profiter du silence et faire battre mon cœur au rythme des flocons, je commence à me dire qu’il va falloir que je me stresse un peu pour être rentrée à temps avant la nuit. Ca va être plus long que prévu. Pourtant je marche d’un bon pas. Mais je monte doucement et la neige est de plus en plus profonde. Le froid commence à mordre et je me déplume une minute afin de mieux me replumer, ça ne rigole plus là. D’ailleurs les dernières traces de randonneurs s’arrêtent là, devant une pancarte vantant les mérites du grand air. Tout le monde a fait demi-tour.

Je bénis alors mon envie de solitude, car têtue pour têtue, c’est mon problème, et je suis venue pour monter en haut du volcan et j’y monterai. Personne pour me faire changer d’avis et repartir déçue. Le seul boulet pour moi-même étant moi-même (et c’est déjà beaucoup quand je sais être chiante avec moi-même). Qu’est-ce que je risque, d’abord, au pire une tempête de neige, j’ai tout ce qu’il faut pour en réchapper éventuellement : briquet, couverture de survie, médicaments, eau, bouffe, couteau (pour dépecer l’autruche ou autre volatile le cas échéant), lampe de poche, et même…un livre pour passer le temps si je dois rester plantée plusieurs heures, histoire d’oublier que j’ai froid (hum). Et un portable qui passe.

Bon je risque aussi le violeur. On me l’a dit et redit. Moi je veux bien imaginer qu’un violeur vienne faire tout ce chemin à pied sous la neige pour violer, alors que c’est beaucoup plus facile ailleurs. Donc soit : imaginons qu’il soit terriblement plus vigoureux que la moyenne, de toute sa personne et de ses attributs (grâce au médicament chimique qu’il aura admettons pris préalablement), il faudrait ensuite qu’il trouve ce qu’il cherche sous les dix épaisseurs anti-froid que Madame a remises une fois en altitude, Madame qui –ajoutons-le, peut être vraiment très très énervée quand on l’énerve. Bon bref sans aller si loin dans l’imagination, je ferais mille fois plus confiance à un homme des cavernes échoué volontaire en ce jour qu’au premier inconnu croisé en ville. Voilà, c’est pour répondre à ceux qui s’inquiétaient pour moi. Merci à eux, je vous aime.

Euh sinon à part ça, oui, j’aurais pu me casser une jambe toute seule. C’est marrant mais je me suis dit que si je faisais attention je devrais pouvoir l’éviter. Bon je sens votre désaccord, tout le monde a bien toujours une anecdote craignos à raconter. C’est pour ça que j’ai judicieusement omis de dire à certaines personnes de mon entourage que je partais seule.

Et puis en voyant cette immensité vierge de pas, les amas de coton sur les branches, la poudreuse brillant dans le vent, et la force que je sentais en moi, je me suis dit pour la première fois de ma vie, moi l’hypocondriaque de service : je veux bien mourir, parce que là j’ai vraiment l’impression d’être en vie, et la mort ne me fait plus peur si j’ai bien vécu juste avant. Bon ok je suis un peu tordue comme fille. Cela dit j’ai évité de penser qu’avant de mourir j’eus pu beaucoup souffrir.

C’est sur ces pensées saines que j’entamai le passage le plus difficile, là où tous avaient renoncé (sauf mon ego), et où mes pas se posaient fièrement l’un après l’autre avec détermination en se disant (oui mes pas parlent) : je voulais le faire, ben je le fais. Ok il a fallu s’arrêter tous les 4 pas parce que ça monte bordel de merde….et que le cœur ayant beau être consentant et fortement entraîné, il n’en est pas moins exaspéré quand il doit faire le boulot de deux.

Voilà, je suis arrivée en haut de la côte, qui n’en est pourtant que le bas de la fin du haut (vous suivez ?) : il me restera une flopée de marches en bois aménagées sur les flancs du volcan. En attendant je suis à l’endroit qui me plait soudainement le plus : le vent glacé a balayé toute la neige, il ne reste que le sol gelé d’où dépassent ça et là quelques brins de bruyère grillés, quelques rares arbres sont penchés depuis le début de la vie sur terre, cristallisés et fouettés par les courants d’air, au loin on aperçoit entre deux nuages le célèbre volcan d'à côté qui me rappelle soudain que je suis en terrain hyper touristique et me redonne un repère au milieu de tout le gris et blanc qui commence à m’enivrer. Mon fessier est si chaud, si je puis me permettre, qu’il fait fondre le sol là où je me suis reposée trente secondes (plus est impossible, vaut mieux pas rester là).

Voilà 2h30 que je raquette, suis à la bourre, je m’active (comme si j’avais glandé avant ça), et j’entame ce qui est censé être des marches, mais s’avère n’être qu’un énorme et moelleux tapis très épais, waow on attendait ma venue, trop la classe d’avoir déroulé le tapis rouge euh blanc pour moi. Bon on va tâcher de ne pas se broyer une cheville en tombant sur un os, ou sur l’angle d’une marche à un endroit moins enneigé que l’autre. Les congères ont fait disparaître la barrière de gauche, si je marchais de ce côté je m’enfoncerais jusqu’à la taille, ça va pas être facile de monter. Je me mets à penser que comme je prévois tout, j’ai aussi un joli grand sac plastique d’Intermarché au fond du sac à dos, et que pour descendre ensuite j’irai plus vite de glisser les fesses dessus. Merde faut renoncer à cette idée plaisante, car elle ne fait pas partie de mon contrat avec moi-même qui stipulait de revenir non blessée.

Je me délecte par avance des bons sandwiches que je me suis préparé, et que je me garde comme récompense pour quand je serai en haut. Une éclaircie passagère me fait arriver au sommet sur un paysage lunaire au sol caillouteux et couvert de glace (bon ok la glace c’est pas lunaire. Mais c’est pas solaire non plus, et d’abord je fais comme je veux, c’est mon histoire romancée. D’abord. Hein), sur un fragile chemin bordant un profond cratère enneigé. Le blizzard m’arrache soudainement quasiment du sol, je ne dois ma survie qu’aux crampons de mes raquettes, sinon je partais direct skier sur les nuages. On ne tient pas droit debout ici. De petits points de glace me sont projetés en permanence sur le visage dans des sifflements effrayants.

Juste le temps d’apercevoir les plaines au loin d’où je viens et quelques volcans autour, qu’une nuée noire impressionnante s’approche dangereusement. Je ressens brusquement le côté négatif de la solitude et rêve d’une bonne soirée entre potes avec une raclette au coin du feu. Je ne fais pas la maline. Mais je suis têtue (ha ?) et je décide de me cacher derrière un arbre pour manger. Je suis têtue mais je renonce à descendre au cratère, je suis folle mais modérément. C’est meilleur pour la santé.

Je surveille mon gant coincé sous un bras, parce que là s’il s’envole je peux me jeter direct du volcan, parce que je vous ai dit que mon point faible c’était mes doigts. Oulàlààà que ça fait mal, et qui a inventé les portables tactiles pour prendre des photos ??? Hein ??? qui ???? nan parce que là je commence à avoir envie d’hurler de froid du bout des doigts. Je me dis que c’est pas grave, que je n’aurai après tout qu’à serrer les dents, mais je commence à me souvenir que je pourrais bien me geler les doigts et je n’ai plus trop envie de mourir en fin de compte.

Devant ce danger terrifiant, je sors en dernier recours ma petite chaufferette de poche chimique, celle dont on écrase la pastille pour libérer un nuage de chaleur, qui comme dans La Petite Fille aux Allumettes, voit disparaitre l’effet dans la demi-heure qui suit, et encore, si on est bien sage. J’y mêle un peu mon sandwich qui n’a le goût décevant que d’un glaçon géant, mais ça ne suffit pas à lui donner un bon goût de grillé. Là, blottie debout derrière le seul arbre survivant, le vent hurlant de chaque côté et emportant les cailloux volcaniques sur son passage, je me dis que quand même mes rêves de sieste sur le dos en me faisant la trace de l’ange dans la neige, ça sera pour une autre fois, et qu’il vaudrait mieux que je redescende.

Consolons-nous en nous disant que « nous » ne sommes pas montés pour rien : nous avons eu l’honneur et le privilège de découvrir quelque chose de caché à tous tout l’hiver, et que le commun des mortels ne découvrira qu’au retour du printemps : l’art primaire automnal resté là dans le secret du fond du cratère, la surprise du chef toujours différente au gré des facéties des randonneurs artistes, traçant avec de gros cailloux un dessin si immense qu’on put le voir d’en haut. Je me frottais les yeux embrumés de tant d’agressions et je m’y repris à deux fois afin d’accepter l’idée qu’il s’agissait clairement du dessin d’un …..phallus, accompagné de ses deux acolytes. Mon Dieu mon Dieu. Si le but de ma promenade champêtre était de me faire rire, il a été atteint. La Nature a de l’humour hein. Si je dois y voir un signe du destin, je me demande encore lequel.

C’est en amorçant enfin la descente du retour que je compris le présage qui m’était apparu en début de rando : un skieur de fond me croisant tout sourire, arborant une magnifique stalactite sous son nez. Je me suis beaucoup amusée de me demander comment il avait pu ne pas s’en rendre compte. Ben voilà, j’aurais eu la même si je n’avais pas eu la coquetterie qui caractérise la gent féminine, car le dernier de nos soucis quand on lutte contre les éléments est d’essuyer notre goutte au nez. Un copain spécialiste nous rappelait une fois que la rando c’est tout sauf glamour. Quoique tracer un cœur jaune avec son urine dans la neige moi je trouve ça top glamour. Bon ok je suis pas une référence en le domaine de la bomba sexual.

Et voilou, j’avais atteint mon but, mon défi terminé, ben euh il fallait avoir assez de couilles pour rentrer jusqu’à la voiture maintenant. Le courage et la force je pus constater avec fierté que je les avais, mais l’envie de marcher encore plusieurs heures euh bof, disons que j’ai essayé de ne pas y penser et j’ai dévalé les pentes d’un pas guilleret, histoire de me leurrer un peu.

C’est sur ces entrefaites que j’ai fini par croiser mon violeur, gros sac à dos de deux jours, lunettes de soleil, carte topographique à la taille, bâtons de skis et chaussures de rando, je l’ai bien reconnu à son accoutrement. Trop facile. Monsieur ne m’ayant sans doute pas identifiée comme sa proie, bizarre, je me présentais à lui joyeusement (non pas maso mais autant apprendre à se connaître avant), c’est à peine s’il m’adressait la parole, il avait pourtant suivi mes traces jusque là, mais il me croisait en répondant deux babioles à mon envie de causer. Voilà, quand je vous dis que les violeurs ne sont pas très dynamiques dans ce coin les filles, c’est pas pour rien.

Il n’y a surtout ici que des bourrus solitaires, complètement fous, certains avec le sentiment d’appartenance à un clan de fous, d’autres l’envie d’être unique dans la caste des fous.

Bon moi j’étais en transit (j’ai pas dit en transat). On verra la prochaine fois où je me situe.

Je suis arrivée à la voiture quasi 5 heures après mon départ, comptabilisant 5mn d’arrêt maxi. Merci la zumba, fait péter la sportive.

Je ne rêvais plus que de rouge. Non je n’étais devenue ni assassin ni politicienne, mais j’avais la nausée du blanc, une overdose de poudre, à croire que le monde n’existait plus qu’en gris et blanc, et j’aurais donné beaucoup pour que ma bagnole soit une Ferrari flamboyante. ………Ah vous aussi ?

 

Suite au prochain épisode.



 

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lundi 21 janvier 2013

Blizzard, épisode 1.

tempete-neige[1]

Je suis folle de joie. Planquée sous mon bonnet, derrière mes lunettes et dans mon cache-nez, je prends la tempête de neige de plein fouet. Les flocons me blessent la peau des joues qui dépasse encore, le vent hurle et me fait des croche-pieds en rasant les mottes de neige gelées, et en emprisonnant dans la glace les quelques brins d'herbe qui dépassent. Mes yeux clignent de picotements givrés.
La poudre de fée s'envole verticalement en un tourbillon gigantesque, j'ai envie de courir dedans et de hurler mon bonheur d'être là, de me sentir tellement vivante au milieu de cette nature qui me parle fort comme une troupe d'enfants excités d'attendre Noël ....
Je ne vois pas à deux mètres mais je me sens enveloppée de cette étendue blanche à l'infini. Je me dis que je peux rencontrer un ours. Je le cherche.
"Quand est-ce qu'on mange ?". Un gamin me ramène soudain à la réalité en hurlant plus fort que le blizzard. Ah non c'est pas un gamin, juste ma coéquipière gourmande, un peu lassée par le temps qu'on se paie pour notre randonnée de trois heures en raquettes au Lac.
Rappelez-moi quand je vais mal, à quel point j'ai besoin de la Nature....

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samedi 10 novembre 2012

Charmant garagiste (part two).

Suite de l'histoire de Charmant Garagiste...

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Il me manquait trop je suis allée le voir, histoire qu'on élimine ce bruit suspect de notre carosse avant le grand départ en grand we. Fallait pas y aller. Fallait mieux se gratter.
Voilà, il m'a trouvé des roulements à changer, il m'a trouvé des rotules à changer. Il m'a trouvé aussi un drôle de truc dans la boîte à gants (boule désodorisante senteur des îles special chaussures), je lui ai expliqué que c'était un gri-gri anti-garagiste mais que ça n'avait aucune efficacité. Enfin presque, il aura au moins fonctionné une milliseconde, juste le temps qu'il faut pour que Charmant Garagiste foute son pied gauche dans la flaque en sortant de ma voiture. Gniark gniark. C'est déjà ça.
Il m'a regardée d'un air louche. Mais ça ne m'aura pas épargné les 350 euros de note. Je suis partie, mais au bout de 50 mètres j'ai pu constater que mon lève-vitres ne marchait plus. Là Charmant Garagiste commence à avoir les chocottes que ma poisse soit contagieuse, et m'a même dit "Raaaa j'en veux plus de ton argent, pars loin !!". Oui oui Charmant Garagiste et moi on se tutoie à présent. Il m'adore. On a vécu tellement de galères côte à côte, on est très intimes.
Maintenant ben demain on part.... J'aurai peut-être un autre épisode à vous raconter à mon retour.... Pffff.
 


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mercredi 3 octobre 2012

Trop de la balle !

 

imagesCAWKDPKY     Bon le tennis j'étais trop pressée de commencer.
     Trop facile pour moi, je suis endurante et sportive (si si 4h de sport intensif par semaine c'est sportif pour moi), j'ai les jambes qui bougent bien grâce à la danse, je sais imiter plutôt correctement si le singe me fait la grimace, j'ai 10 kg de moins que l'an passé, bref j'avais tout bon pour me balader à ma première leçon.
J'avais juste oublié un détail: y a une balle.
Du coup faut être matheuse, et là, rien ne va plus pour moi: calculer en une fraction de seconde le cosinus de la tangente de la moitié de pie, afin que la balle tombe pile au centre de la raquette (ou   du moins l'effleure, on est pas exigente), en tenant compte de la distance épaule-main additionnée à la longueur de l'outil....
Ben moi j'ai assommé des mouches (invisibles, sinon j'aurais du mérite) mais la balle me regardait en rigolant en sifflant près de moi sans que je l'attrappe, j'ai l'impression qu'elle m'a même dit "nananèèèreuh" en tirant la langue, y a plus de respect.
Il n'y a pas qu'elle qui a ri, merci les copines.
M'en fous, je vous mets tous KO au rock: vous savez ce qu'est le tep ? et les breaks ? qui peut danser la valse viennoise avec moi ? quelqu'un sait swinguer ?
 
Bon alors merde.
 


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mardi 18 septembre 2012

The right place in the right time.

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Voilà, j'ai eu une journée de merde, de celles qui commencent pleines d'espoir: "Allez courage lève-toi, je suis sûre que cette journée te réserve de bonnes surprises, ouvre-toi et accueille les choses".

Et quand le pied est par terre, on sait que ça va pas être si simple...

Ca a donc été la journée enfants pénibles. Ils y ont mis tout leur coeur, toute leur (toute)puissance, tous leurs décibels, toutes leurs émotions. J'ai résisté, puis j'ai fait le grillage, pour finalement décider que merde je les plantais là et allais à la zumba ce soir, fallait viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite que je fasse du sport avant d'en fracasser un.

Danse bof bof, je n'arrivais pas à décrocher de mes tensions. Donc j'ai décidé de rester au cours suivant (histoire de fuir un peu plus longtps mes obligations): self defense, pour la deuxième fois. J'allais partir voyant que j'étais seule au cours mais une jeune femme timide et ronde m'a dit qu'elle restait aussi. Le prof a confirmé que le cours avait lieu quand même. Donc plus moyen de se carapater dans tous les cas.

C'est assez "marrant", on se fait réellement agresser et on se défend réellement.  Enfin, ceux qui en ont fait savent qu'on mime évidemment, on apprend tous les gestes pour ça, on connait les enchaînements par coeur.

Mais bon moi j'aime bien avoir la hargne quand je me défends, alors je demande prestement à ma partenaire d'y aller bcp plus franco, elle a la main mollasse, me frôle à peine, m'étrangle quasiment pas, je la pousse dans ses retranchements, l'incite à attaquer, le prof s'y met aussi. On l'étrangle plusieurs fois (lol hein, c'est un exercice, elle est tjs en vie) au son d'une musique hyper rythmée, elle sait les gestes pour se défendre, mais elle.....elle fond en larmes soudainement...Inconsolable, des sanglots.

J'avais senti depuis le début qu'il fallait que je la provoque un peu, qu'il fallait que je l'incite à sortir du rôle de victime pour être l'agresseur. Je le sentais.

Tout est sorti. Le prof et moi un peu coupables. Il a repris le cours. Il l'a incitée à se tenir droite, en disant qu'elle était belle. Elle refondit en larmes.

Nous avons fini par en rire.

Mais je sais que ce soir cette fille a fait 5 ans de séances de psy en 15mn chrono. Beaucoup de choses sont sorties.

Nous avons parlé à la fin. On ne connait pas la vie des gens, et ça leur appartient. Mais j'ai vu ses yeux avides des mots que je lui ai dits, j'ai eu l'impression que mon coeur parlait à ses yeux, je savais que je disais les bons mots, et j'ai compris que je n'étais pas là par hasard ce soir. J'ai souvent au besoin de rencontres pour m'aider à avancer. Mais là cette fois, c'était moi qui étais là rien que pour elle. Ma journée pourrie, mon envie effreinée d'aller faire du sport, tout prenait du sens.

 

Autrefois j'avais toujours envie d'aider les gens, et finalement j'étais trop invasive, et surtout je ne leur apportais pas l'aide dont ils avaient besoin mais l'aide que je croyais bon de leur apporter. J'étais si touchée par leur détresse, au point de pleurer aussi.

Ce soir c'est comme si l'aide était sortie de moi directement pour elle, sans que j'en sois très consciente ni maîtresse. Elle m'a attendrie, mais je n'ai pas fait miennes ses douleurs, et là j'ai vu que j'avais avancé, c'est là qu'on peut aider, je pense, quand l'empathie ne devient pas du mimétisme, ou du transfert.

 

 

Et pourtant, il y a de nombreuses années, cette jeune femme émotive et fragile, c'était moi. J'ai mesuré le chemin que j'ai parcouru depuis, moi qui ai souvent l'impression que la vie est monotone et suit son cours. Certes, elle suit son cours, mais le sentier épineux devient chemin caillouteux, puis chemin herbeux pour enfin accéder à la prairie dominant la plage et profiter de la vue à couper le souffle. Couper le souffle, oui mais pas trop vite, on a le temps encore. On a pas fait tout ce chemin pour rien.

 



 

 

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lundi 17 septembre 2012

Eve.

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Je vous livre un secret: ce matin Eve a retrouvé le paradis originel.
En fermant les yeux, Eve aurait presque pu oublier le bruit des voitures, mais elle les a rouverts avant de tomber dans un buisson de ronces. Les premiers rayons du soleil appaisant sa peau laiteuse (et acnéïque quoi qu'ayant passé l'âge) mieux qu'un baume après-rasage (ben quoi), Eve se prit à oublier ses clefs de bagnole de prêt au fond de sa poche, et son portable, quoique pas pour longtps.
Eve est au top de la technologie, et c'est le coeur tout émoustillé par un oiseau s'ébrouant dans un fourré, et par un lapin traversant soudainement le chemin devant ses pieds chaussés de santiags (non je blague) qu'elle décidait de dégainer malgré tout son appareil photo de poche.
 
Mais Eve est rêveuse, et s'étant étendue dans un coin de prairie planqué en haut d'une colline, derrière un arbrisseau bruissant (relisez et dîtes-le deux fois de suite), elle se dit que sa vie ne devrait être rien d'autre que cela: jouïr de ce qui compose le jardin d'Eden. S'en délecter et en prendre soin. Des arbres, des papillons, des animaux, et des gens (oui enfin, si elle a des vacances en contre-partie).
Bon, Eve vous laisse, elle a une araignée dans son bureau à vite assassiner...
Au fait, comme il n'y avait pas d'Adam pour faire chier le monde, Eve décida de laisser au premier couillu le soin de manger le fruit de l'arbre de la connaissance. Inversons les rôles, pour une fois c'est elle qui va laisser son cerveau au repos. Mes amis, bonsoir.


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jeudi 13 septembre 2012

Charmant Garagiste.

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C'est l'histoire d'une fille...
...qui était cul et chemise avec les bagnoles. D'ailleurs, les bagnoles le lui rendaient bien. Mais un sorcier vaudou lui peint le visage pendant son sommeil, et la fille se réveilla un matin avec la poisse.

Une gentille poisse hein, celle qui lui permit à la fille de rendre visite à son charmant garagiste bien plus souvent qu'à son pharmacien, et c'est pas peu dire. Une gentille poisse qui dû la priver de vacances, elle et sa famille, parce que Charmant Garagiste les avait plumés. Une gentille poisse qui la tourna en ridicule (heureusement elle ne le craint pas) lorsque Charmant Garagiste démarra du premier coup la voiture qui se refusait à la fille depuis deux jours.

Toutes les parties de son corps de rêve furent disséquées une à une (de la voiture, pas la fille), changées presque en totalité sur plusieurs mois (merci le don d'organe, quoique là c'était plutôt de la vente légale d'organes)....La fille se dit que sa voiture était à présent neuve, du coup, depuis le temps qu'on y mettait des ronds.


C'était sans compter le vaudou qui lui mit des épines dans le pied.
La fille pensa amener son sac de couchage pour être sur place chez Charmant Garagiste en cas de problème, car elle y passa plus de jours que chez elle.
Charmant Garagiste voyant la fille avec ses bagages devant chez lui et quelques nombreux marmots sous le bras, concéda de lui prêter une voiture de prêt qui comme son nom l'indique est prêtée. Sous-entendu c'est pas ma mienne, se dit la fille, faut y faire gaffe.

La gaffe fût vite faite, un après-midi plus tard, la voiture de prêt qui était prêtée ne démarra pas. Retour à la case départ, la fille soupçonna Charmant Garagiste d'être lui-même vaudou, mais ce n'est pas logique. La piste fut écartée.
Voiture de prêt prêtée fut réparée.
Voiture de prêt prêtée le lendemain-même........fit quelques soubresauts et tomba en panne au milieu d'un rond-point. La fille se dit que finalement elle pourrait jouer au loto, elle gagnerait à coup sûr. Cela la fit bien rire. Son mari moins, quand il sut que c'était une panne sèche, à cause de la fille qui n'avait pas rempli le réservoir. La fille n'étant pas si bête qu'elle n'en a l'air, c'était en fait, croyez-le je vous prie, la faute au vaudou-maquilleur-piqueur qui avait innocemment cassé l'indicateur de jauge du tableau de bord.
L'histoire n'est pas finie, la fille a encore la voiture de prêt prêtée, et sa rolls de départ a sans doute encore plus d'un tour dans son moteur....
A suivre.

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samedi 14 juillet 2012

Ô temps suspens ton vol...

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Hello,

je viens sur la pointe des pieds vous remettre un ti message après qques...hum...mois d'absence. Non non faut jamais croire ce que je dis, le fait d'avoir déclaré que j'allais recommencer à écrire n'est géré par aucune forme de contrat.

Enfin bon, apprenez à vous satisfaire du nécessaire comme chante Baloo.

Ca vous aurait interessés de me suivre au jour le jour, sans nul doute, car je passe par une phase de ma vie qui me change à tout jamais jusque dans les détails. C'est un choix que j'ai fait, couper enfin de mon ancienne vie pleine de négatif, décider que c'était suffisant, et choisir d'oser emprunter un chemin intérieur fort différent, extrêmement remuant, risqué, cahotique, bouleversant, comme un passage nécessaire avant le très grand calme et la vraie vie. Pour ça, oser affronter mes vieux démons, leur faire face, les autoriser à faire mine de me dévorer, pour réaliser avec un sourire que finalement rien de tout cela n'existe, là dans le présent, là dans le concret, là dans la seconde.

Boire la seconde, vivre de la seconde, humer la seconde.

Ce soir au Mc Do, j'ai senti qu'un truc allait se passer. Je regardais les familles, les enfants qui jouaient, et je savais que dans qques secondes il allait y avoir un instant de grâce... Je me suis préparée, je ne savais pas ce que c'était, je n'ai pas cherché à comprendre et j'ai attendu.

J'ai vu petit à petit les choses se mettre en place: le rayon de soleil couchant doré a percé les nuages noirs et a empli la pièce vitrée, les enfants sont devenus plus gais, le sourire des parents était là sur leur visage juste au bon moment, chaque personnage à sa place...un peu comme quand j'attends le bon moment pour appuyer sur le déclencheur de mon appareil photo: tout est bien, mais c'est pas encore le bon moment, j'attends que les choses se placent...

Et voilà, on y est, l'instant de grâce qui me pénètre profondément pour me régénérer, moi, là, toute seule à ma table, spectatrice anonyme et invisible, moi qui n'ai rien demandé, l'instant m'est offert, le compte à rebours est terminé et on pourrait crier "moteur", je sais que c'est là, j'observe et j'ouvre mon coeur tout grand devant ce cadeau éblouissant:

Simultanément:

-La belle maman tatouée berce son nouveau-né dans ses bras, il s'endort, elle lui sourit.

-Le papa caresse la tête de son petit garçon qui est venu se réfugier près de lui.

-La petite fille si blonde a grimpé sur le fauteuil si rouge et étincelle de mille feux au soleil couchant.

-Le papa et la maman plus loin s'enlacent tendrement.

-L'enfant qui gesticule et refuse de partir est traité avec douceur et compréhension par sa maman. Elle ne sait à quel point elle m'a rempli de courage à cette seconde-là.

 

Je sais que cet instant est furtif, je n'ai pas peur qu'il se termine, je le sais qu'il en sera ainsi, je n'ai aucun regret et l'instant en est rendu encore plus précieux. Je me délecte de cette image telle un tableau figé pour l'éternité, où tout est parfaitement à sa place, et où je peux palper l'Amour des humains, et des larmes coulent sur mes joues d'émotion et de bien-être.

 

...........

 

Il y a qques jours, j'ai fait un expérience appaisante. J'ai suivi les conseils d'un bouquin que j'avais acheté par instinct et qui est à l'origine de ma décision de changement, et je suis retournée voir en imagination la petite fille que j'étais.

Je l'ai trouvée jouant sur un ponton de bois au bord de l'océan pacifique, un peu sadique avec ses chatons, qu'elle faisait mine de mettre à l'eau, parce que c'est rigolo de se sentir puissante et de sentir la détresse qu'elle leur inflige.

Mais je ne lui en ai pas tenu rigueur. J'ai parlé en souriant à cette petite fille, je l'ai trouvée pleine de vie, vive, intelligente, et pleine d'une force incroyable. Je lui ai dit qu'elle avait le droit d'être heureuse, le droit de ressentir du plaisir physique, le droit d'être aimée. J'ai vu là qu'elle était sombre et triste. Elle était seule sur ce ponton, sa famille étant plus loin à la maison, apparemment sans se soucier aucunement d'elle. J'ai décidé de changer les choses. J'ai décidé qu'elle avait sa place dans sa famille, et je me suis concentrée pour lui donner cette place, et j'ai fait ouvrir les bras et le coeur de sa famille, je les ai installés en cercle les bras ouverts dans le jardin pour l'accueillir, et je l'ai envoyée courir vers eux, et entendre comme ils l'aimaient, et comme elle leur avait manqué. Ils sont rentrés dans la maison, tous l'entourant avec joie, elle ne s'est pas tournée vers moi, je n'existais que dans ses pensées.

Je suis revenue dans mon présent, et je me suis sentie tellement appaisée d'avoir réparé cela, et quand je repense à cette petite fille que j'étais, je la vois heureuse au milieu des siens pour l'éternité........et j'entends les rires et le bonheur.

Un gros bisou à mes fidèles lecteurs(trices).



 

 

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mercredi 30 mai 2012

Présent !

Stop_time_III_by_vimark[1]Raaaa la page blanche est là, devant moi, l'envie d'écrire aussi, et la pression que me mettent mes fervants lecteurs grésille dans ma tour d'ordi.

 

Alors quoi de neuf, je chemine. Et la vie change.

En effet, "les choses ne changent pas, change ta façon de voir, cela suffit" (Laoh Tseu, que je n'ai pas l'honneur de connaître).

J'apprends à vivre la seconde présente, à oublier la précédente aussitôt, et à ne même pas imaginer qu'il y en aura une suivante.

C'est très étrange et grisant. Un exercice difficile pour quelqu'un comme moi qui a gardé précieusement autrefois le moindre ticket de ciné ou pétale de bouquet offert par mon amant, comme s'il en allait de ma vie qui pouvait tomber dans un gouffre de néant à tout jamais si je perdais par malheur ces petits trésors.

Mais je savoure. Je savoure ma nouvelle liberté, celle de ne me soucier de rien que de goûter à ce plein bonheur qui m'est donné de sentir la main de mon petit sur la mienne, d'écouter les oiseaux, de voir comme le ciel est profond et comme les branches des arbres bougent au vent, de penser à quel point mes enfants sont précieux, de sourire à leurs disputes. Je savoure ce calme de la renonciation, et je me sens offerte, ouverte à ce qui peut être.

J'atteins un état que j'avais autrefois à moindre échelle et que je vous disais que j'avais eu le sentiment de perdre à tout jamais.

Mais cette fois le voilà sublimé par mes expériences de la vie, par le chemin que j'ai parcouru, par la confiance en moi que je retrouve, par une nouvelle dimension qui m'ouvre le cerveau et me l'étale sur 360 degrés alors que je n'en percevais que 90. Et si j'étais en train d'enfin commencer à vivre ? Et si la vie c'était ce souffle qui passe dans mes poumons à chaque instant et dont j'ai à présent conscience ? Si la vie c'était comprendre et accepter que tout est destiné à disparaître, sauf cette liberté de goûter pleinement de chaque seconde, sans douleur, sans arrière pensée, sans peur, sans questionnement. Juste ETRE.

Et je me pose là. Et je souris. Et je vois, comme si j'avais été aveugle avant. Que c'est bon de ne pas s'inquiéter pour l'avenir, et de ne pas être torturée par son passé. Que le présent est bon et doux.

 

Sinon, à part ça, je suis sûre que vous savez tous à quoi sert une paire de chaussettes. On peut en faire plein de choses, de chaussettes. Vous ne serez donc pas étonnés de l'utilisation que j'en ai fait aujourd'hui: les placer dans mon nouveau soutif, histoire de réhausser mes lolos, vu que j'avais pris une taille de trop. C'était juste drôle d'imaginer que je passais à la douane sur le tapis des rayons X et qu'on constatait la supercherie.

Bonsoir.



 

 

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dimanche 13 mai 2012

Coucou.

imagesCA5NFI4XBon j'ai décidé d'essayer d'écrire à nouveau (mais bon vous avez compris, c'est fluctuant héhé). Finalement c'était mon exhutoire, ma salle de débrieffing, mon punching ball, mon éclair au chocolat.....donc ça avait peut-être bien une certaine utilité.

Par contre soyez peu exigeants, car je vais moins travailler mon style sans doute, un peu encore en proie à la fatigue et la lassitude.

Déjà quelques notes prises par ci par là certains jours mentalement, dont je voudrais vous livrer le bref contenu:

-Que vous inspire le fait de voir une personne abritée sous un parapluie et entrant.... dans les locaux de la piscine municipale ?

Moi ça me dit que j'aime bien être mouillée quand je l'ai décidé, et toc.

-Pouvons-nous devenir naturo-accro ? non pas naturiste hein, mais accro de la nature... J'ai l'impression que c'est le seul truc qui me fait du bien en ce moment, et je me retrouve à aller faire un tour plusieurs fois par jour, et j'ai le sentiment que ça ne me suffit jamais, qu'il m'en faut plus encore...

-Pensez-vous qu'une maman au foyer a fait ce choix de vie par lâcheté d'entreprendre, est-il pathologique de ne pas être intégrée dans le tourbillon social, est-ce forcément une fuite ? Comment le savoir ?

Cela me fait penser à cet apr, où dans un festival de BD j'ai discuté avec un couple co-auteur de carnets de voyages, trimballant trois gamins plusieurs mois dans l'année à l'étranger, leur faisant l'école les matins, et vivant de leurs ventes...

Ca a toujours été un rêve au fond de moi, une sorte d'appel fort. Mais qui n'a pas été plus fort que mon manque de couilles, enfin surtout de celles de mon mari, qui ne l'entend pas du tout de cette oreille. Si ça avait branché mon homme, nous l'aurions fait. J'ai l'impression de perdre quelque chose, une possibilité de vie qui s'éloigne de moi et qui pourtant me faisait vibrer.

Que faire. Partir seule ? Je n'ai pas envie de laisser mes enfants longtemps, j'ai toujours le sentiment d'être indispensable pour eux, mais je crois que c'est eux qui sont indispensables pour moi. Je n'ai pas d'argent pour partir en voyage. Je n'ai pas envie de partir seule j'aurais peur, peur de moi-même, peur des autres. J'aurais voulu resserrer les liens avec ma famille en perdant nos accroches et en ayant comme repère que les uns et les autres.

Viser moins haut ? moins loin ? moins longtemps ? S'engager dans une association une dizaine de jours ? Il me faudrait un but: un carnet de voyage à écrire, justement, avec des photos.

Ou un reportage sur un thème, en suivant un groupe de personnes par ex. Mais on en revient toujours à ce que je n'aime pas ensuite: vendre. Se vendre. Ah on aimerait que ça tombe tout cuit: "Mme Pacifique, je vous engage en tant que reporter photographe Tintin pour cette mission. Eclatez-vous et en prime vous aurez le pactole qui tombe ensuite, nous publierons votre ouvrage, nous gérons tout. Allez hop, les valises". Peut-être que j'aurais du faire journaliste en fait.

Bref, jusqu'à présent ma vocation était d'élever mes enfants, de leur apporter le cocon d'amour et d'affection qui les aiderait à s'épanouir. Mais il faut bien l'admettre, je crois que j'ai échoué. Ce sont devenu des êtres à peine tolérables, que je repousse sans cesse, et ma bouffée de paix est quand la maison est silencieuse sans eux. J'ai même de la répulsion quand ils me disent "maman je t'aime" car je l'entends trop et j'aimerais qu'ils me le disent moins mais soient plus coopératifs au quotidien. Beaucoup de ressentiment envers eux. Bref. C'est un autre sujet.

Pour ne pas rester sur cette note pessimiste, ce soir au coucher du soleil je me suis assise sur la terrasse en bois, avec ma fille, toutes deux en pyjama, et j'ai regardé ses cheveux dorés tout légers qui bougeaient dans le vent tiède. J'ai humé sa peau de pain au chocolat... Finalement, il y a peut-être de l'espoir...



 

Posté par perlepacifique à 21:12 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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